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samedi 24 décembre 2011

Joyeuses fêtes

Rajouter le Gui juste avant de servir, car le gui guérit tout......Joyeux Noël et Bonne Année à Tous !

     Voici venu le temps des fêtes ; reconnaissez vous le chef au fourneau ? C’est celui la même, qui, vêtu de blanc, muni de la serpe d’or, oeuvre durant la nuit de Saint Jean d'hiver…
« Amour, prospérité, éternité » sont les symboles associés au gui En celte, son nom signifie « guérit tout », entre autre l’épilepsie et l’hypertension.
Pendant la nuit du solstice d’hiver, la première de l’année celtique, la « nuit mère », un druide vêtu de blanc s’enfonce dans la forêt pour y cueillir le gui sacré du chêne avec une serpe d’or. Il le reçoit dans un drap de lin d’une blancheur immaculée (car il ne doit pas toucher le sol afin de conserver ses pouvoirs) tout en prophétisant « O Ghel an Heu » - traduisez « Que le blé germe ». Quelque peu déformée, cette expression aujourd’hui désuète s’était déjà transformée au Moyen âge en « Au gui l’an neuf ». Les Gaulois qui, comme chacun sait, ne craignaient qu’une seule chose, c’est que le ciel leur tombe sur la tête, attribuaient donc à cette plante, outre ses vertus médicinales, des pouvoirs magiques. Le gui chassait les mauvais esprits, purifiait les âmes, neutralisait les poisons et assurait la fécondité des troupeaux.
Autre lieu, autre légende, en Scandinavie cette fois. Le démon Loki, par jalousie, tua le dieu soleil Baldut (ou Balder) lui décochant une flèche empoisonnée avec du gui.. Preyla, déesse de l’amour, implora les dieux de redonner vie à Baldut, promettant alors d’embrasser quiconque passerait sous le gui. Evidemment, Baldut ressuscita. De cette légende naquit la coutume du baiser sous le gui, dès lors symbole de l’amour et du pardon.
Le gui « porte bonheur » que l’on vend chaque fin d’année au cœur des cités a effectivement des vertus médicinales. En herboristerie, le gui était prescrit pour soigner l’épilepsie, les désordres nerveux et la digestion. Au 19ème siècle, il entrait dans la composition de remèdes contre la coqueluche. La viscine, substance contenue dans le fruit blanc du gui, servait autrefois à faire de la glu. Plus récemment, utilisée à faible dose, elle s’avère bénéfique contre l’hypertension et les maladies cardiaques.

jeudi 2 juin 2011

The Tree of Live

L'Arbre de Vie



Je viens de voir le film et aussi le commentaire de Robin Guillou (http://www.lechatsurmonepaule.com/)

je publie intégralement ci dessous son commentaire, qui colle exactement avec mon ressenti :

"Where were you when I laid the foundation of the earth? Tell Me, if you have understanding..."

"L’Éternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit :
Où étais-tu quand je fondais la terre et que tous les fils de Dieu lançaient des acclamations ?..."

Le film évoque une famille du Midwest dans les années 50, un père irascible et rigide qui aurait voulu être musicien, mais s'est endurci dans le "struggle for life" et l'obsession de la réussite sociale, maltraite sa femme et traite ses fils à la dure, une mère effacée et aimante, trois frères... un drame inattendu qui déclenche, comme chez Job, l'interrogation métaphysique : "Pourquoi ?"
Sur ce canevas suffisamment universel pour que chacun puisse s'y projeter, le film est une méditation sur la mort, la perte des êtres chers, le sens de la vie, la place de l'homme dans l'univers, la question du Bien et du Mal, celui que l'on subit et celui que l'on fait - "Je fais le mal que je ne voudrais pas faire et je ne fais pas le bien que je voudrais faire", murmure Jack, à l'instar de saint Augustin dans Les Confessions - l'amour, la compassion et le pardon.

Ayant vécu aux Etats-Unis dans ces années-là, vers l'âge de 10 ans, j'ai retrouvé l'atmosphère poétique, conformiste et vaguement inquiétante des banlieues résidentielles américaines, les grands espaces arborés, les rues ombragées, bordées de pavillons blancs, les bagarres, les bandes de garçons dangereusement désoeuvrés et livrés à eux-mêmes (phénomène magistralement analysé par Hannah Arendt dans La crise de l'Education), les vêtements de ces années-là : les jeans, les tee-shirt rayés et les converses, les automobiles et les vélos, le collège en briques rouges, le moralisme et la ségrégation raciale...

... Et à l'instar de Jack confronté à l'enfant grièvement brûlé à la tête dans l'incendie de sa maison, à l'homme menotté, au passant handicapé, aux noirs misérables, comme tous les enfants qui grandissent, et avec le même trouble, j'ai pris peu à peu conscience de l'existence d'un monde obscur, tapi comme un animal dangereux derrière la trame d'une tapisserie rassurante qu'il cherchait à lacérer.

Dans la première partie du film, des images à couper le souffle sur une bande-son sublime évoquent l'immensité de l'univers, les étoiles et les galaxies, la Terre vue du ciel, la puissance, la complexité et la somptuosité de la vie sous toutes ses formes, minérale, végétale et animale, de l'infiniment petit à l'infiniment grand et l'évolution de l'univers depuis le Big Bang, en passant par les dinosaures. L'homme y apparaît moins comme un aboutissement que comme un "passeur", créant dans la liberté qui lui a été laissée des impasses et des "involutions" (dans le mauvais usage de la liberté et de la parole, dans la destruction de la nature et l'asservissement du prochain) et des clairières.

Le père et la mère dans le film symbolisent deux attributs fondamentaux du divin : la Rigueur (Gevurah) et la Miséricorde (Chesed), figurés sur l'Arche d'Alliance par deux chérubins aux ailes déployées (Voir Emmanuel Lévinas, L'Au-delà du Verset) ; l'Arbre de Vie (The Tree of Life) de la Kabbale n'est pas seulement l'expression d'une conception cosmologique ou métaphysique, il est ausi une "psychagogie", une invitation à participer à l'oeuvre divine en réconciliant en nous et autour de nous les énergies dispersées et discordantes du monde crée.

La sefirah (sphère d'attribut divin ou d'énergie) qui forme une triade avec la Rigueur (ou le jugement) et la Miséricorde est Tiferet, la Beauté. Elle crée une harmonie entre ces deux pôles et fait aussi le lien entre le monde de Yetsirah (la Formation) et celui d'Assiya (l'Action). Tiferet représente la beauté de la gloire et de la lumière divines quand elles descendent vers l'humanité. Elle relie l'ego psychologique à l'ego spirituel. Tiferet est le coeur de l'arbre de vie ; elle achemine l'Esprit divin vers le bas et les aspirations spirituelles de l'humanité vers le haut. Tiferet est l'intermédiaire entre Chesed et Gevurah.

Jack ne sait pas comment participer à cette tâche. Il erre comme une âme en peine dans un univers déshumanisé. Il a réussi socialement, au-delà des rêves de son père, mais sa vie affective est totalement vide et il sent que "quelque chose ne va pas". Mais "sentir que quelque chose ne va pas" n'est pas rien. "Sentir que quelque chose ne va pas" et en souffrir, c'est invoquer la Grâce.

Jack suit les traces de son père auquel il pense (ou veut) "ressembler" le plus, mais ne prend véritablement conscience de son "manque" qu'à partir de la mort de son jeune frère. En quittant l'inhumanité de la "Tour de Babel" pour le désert, il prend le chemin de la vie et franchit la "porte étroite" au-delà de laquelle l'attendent sa mère et son père réconciliés et son frère ressuscité (mais réconciliés et ressuscités aussi en lui-même).

C'est la dernière scène du film, sur une plage immense, près de la mer (le symbolisme de l'eau et le thème de la "deuxième naissance" sont omniprésents dans le film), des milliers d'hommes et de femmes de tous âges, de toutes races et de toutes conditions déambulent sereinement, se sourient, se tiennent par la main, une scène qui fait monter les larmes aux yeux et l'espérance au coeur.

Le film n'est pas pour autant une "Théodicée" ; sans relever de la catégorie de "l'absurde" qui ne mène qu'au désespoir, la souffrance et le mal demeurent un scandale et un mystère. "Il n'y a dans le monde tant de mal et de souffrance qu'en raison de la liberté. Mais dans la liberté reposent toute la dignité du monde et toute la dignité de l'homme (Nicolas Berdiaev, l'Esprit de Dostoïevski, Stock, 1974, pg. 102).

Je ne suis pas certain que cet "OVNI cinématographique" plaira à tout le monde : trop lent, trop long, trop peu de dialogues, trop "métaphysique", trop rempli d'allusions bibliques (mais qu'y a-t-il de plus "éternellement actuel" que le Livre de Job ?), une intrigue trop mince, un propos trop ambitieux et déséquibré peut-être et sans doute fera-t-il grincer des dents les partisans d'une évolution aveugle.

Mais c'est précisément le parti-pris de l'auteur-réalisateur, Terrence Malick, d'avoir voulu suggérer que l'homme est autre chose qu'un "accident", qu'il vient de loin et que l'existence la plus humble est une histoire sainte




Genre : Drame, Science-Fiction

Réalisateur : Terrence Malick

Distribution : Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain

Scenariste : Terrence Malick

Sortie en salles : 27 mai 2011

Synopsis :

The Tree of life est l'histoire "impressioniste" d'une famille du Midwest dans les années 50. Le film suit l'aventure humaine du fils aîné, Jack, de l'innocence de l'enfance aux désillusions de l'âge adulte et évoque sa relation conflictuelle avec son père (Brad Pitt). Jack (interprété par Sean Penn à l'âge adulte) erre comme une âme en peine dans un avenir déshumanisé, cherchant des réponses aux questions sur l'origine de l'homme et le sens de la vie. Les images de Terrence Mallick suggèrent que la nature et la grâce façonnent à la fois nos vies individuelles et la création tout entière.

L’Arbre de Vie (Etz haHa'yim עץ החיים en hébreu) représente symboliquement, dans la Kabbale, les lois de l'Univers (certains auteurs le rapprochent de l'arbre de vie mentionné par la Genèse en 2:9).

L'Arbre de Vie peut être vu comme la représentation du processus de création mettant en oeuvre, tant dans le macrocosme qu'est l'Univers que dans le microcosme qu'est l'Être humain, des énergies ou puissances créatrices émanant du Créateur. La mystique de la Kabbale utilise l'Arbre de Vie pour tenter de distinguer l'Essence Infinie (En Sof) d'un Dieu Unique et Créateur, de la manière dont il a créé à partir du vide (ex nihilo) ce monde fini (Sof) qui est le nôtre.

jeudi 9 décembre 2010

La Musique sacrée

Gérard Grisey

Musique profane ou musique sacrée?


La musique sacrée touche au divin, à l’invisible, à l’inconnu, à l’au delà et aux mondes parallèles ; elle tente de donner des réponses à cette éternelle question : d’où venons nous, où allons nous? Elle nous mène de l’ombre à la lumière, des ténèbres au grand jour, elle fait pressentir la grande métamorphose; elle parle de la mort, suggère la renaissance…..et transmet essentiellement des émotions…
Définition de Geminiani en 1751:
« L’intention de la musique sacrée n’est pas seulement de plaire à l’ouie, mais d’exprimer des sentiments, de frapper l’imagination, d’affecter l’esprit et de commander les passions.»
Ou cette autre de l’époque romantique :

La musique devient une prière chantée, l'expression de la foi profonde des compositeurs pour lesquels l'éclairage du texte sacré devient le moment central de la composition.
Un exemple : Gérard Grisey explique les quatre chants pour franchir le seuil:

« Je les ai conçus comme une méditation musicale sur la mort en quatre volets : la mort de l’ange, la mort de la civilisation, la mort de la voix, et la mort de l’humanité. Ils sont séparés par de courts interludes, poussières sonores inconsistantes, destinés à maintenir un niveau de tension supérieur au silence poli qui règne dans une salle de concert entre la fin d’un mouvement et le début du suivant. Les textes choisis appartiennent à quatre civilisations (chrétienne, égyptienne, grecque et mésopotamienne) et ont en commun un discours fragmentaire sur l’inéluctable de la mort. J’ai choisi d’opposer à la légèreté de la voix du soprano, une masse grave, lourde, somptueuse et colorée.
Les notes de Mozart :
La vie et la mort. Le son et le silence. La vie du son et le silence de la mort. La musique comme rituel de passage entre la vie et la mort ; le temps musical, comme représentation d’un temps au delà du temps vécu. Extraordinaire vitalité de la musique face à l’image de la mort;
Domination du désespoir débouchant sur une force de vie, extraordinaire, espérance de l’homme nouveau! Le son, être vivant, phoenix qui s’élève, promesse de vie. Rituel musical, où l’évènement sonore change de couleur avec le temps et l’espace, le micro et le macro, l’ici et l’au-delà.

mercredi 1 décembre 2010

Mahomet




Qui était Mahomet ?
Nous sommes au VIe siècle de notre ère, l'Antiquité jette ses derniers feux en Méditerranée orientale ; La péninsule arabe est un désert hostile parsemé de quelques rares oasis. Elle est seulement parcourue par des tribus d'éleveurs et des caravanes. Les souverains des grands empires orientaux, Byzance et la Perse, dédaignent de l'occuper
Comment se douteraient-ils de l'événement qui s'y prépare par la force d'un seul homme ?
La Mecque oasis proche de la mer Rouge est l'une des rares villes de la péninsule. Elle compte 3.000 habitants sédentaires. Elle est dirigée par la tribu arabe connue sous le nom de Koraïchites. La fortune de la ville vient du commerce caravanier et d'un sanctuaire, la Kaaba, construit autour d'une mystérieuse pierre noire. Ce sanctuaire est un lieu de pèlerinage pour les idolâtres arabes de toute la péninsule.
Mahomet, futur prophète de l'islam, naît à La Mecque tout juste cinq ans après la mort de Justinien, le dernier des grands empereurs romains. Sa naissance, vers 570, va bouleverser le destin de La Mecque et de la péninsule arabe.
Son père est un marchand du nom d'Abdallah. Il meurt en voyage deux mois avant que n'accouche sa femme Amina. Lorsque celle-ci meurt à son tour, Mahomet n'a que six ans
L’orphelin est élevé par son grand-père, le chef du clan des Bani Hachem (les Hachémites), puis par son grand-oncle, Abou Talib (père de son futur gendre, Ali)
Bien que ne sachant ni lire ni écrire, il assure sa fortune en épousant à 25 ans une riche veuve de quinze ans plus âgée que lui. Khadidja, qui sera son premier disciple. En 26 ans de vie commune, elle lui donnera quatre filles
Devenu un notable, Mahomet organise des caravanes vers la Syrie et peut-être s'y rend-il lui-même. Il a de multiples occasions de dialoguer avec les juifs et les chrétiens de passage ou installés à La Mecque, ce qui lui donne une assez bonne connaissance de la bible
Vers l'âge de 40 ans, en 610, le futur Prophète prend l'habitude de se retirer dans une grotte du désert, sur le mont Hira, à cinq kilomètres de La Mecque
Selon ses dires, pendant la nuit dite «du Destin», à la fin du mois de Ramadan, l'ange Jebrail (Gabriel) lui souffle à l'oreille : «Récite»
A son retour à La Mecque, Mahomet commence d'annoncer la parole de Dieu. Il se présente comme son envoyé.
Outre sa femme, les premiers convertis sont son cousin Ali (qui sera le quatrième calife), son serviteur Zeïd, un esclave qu'il a affranchi, et son parent Abou Bekr (qui sera le premier calife).
Les commerçants de La Mecque craignent pour leurs revenus, liés aux pèlerinages qui guident des Arabes de toute la péninsule vers la pierre noire du sanctuaire de la Kaaba.
Ils ne tardent pas à persécuter le petit groupe de disciples. Battus, quelques-uns se rétractent pour échapper aux violences. D'autres, parmi les plus pauvres, lassés des persécutions et des brimades, décident en 615 de s'exiler en Abyssinie, de l'autre côté de la mer Rouge, auprès du Négus, nom que l'on donne au roi de ce pays chrétien (l'Éthiopie actuelle) .
Ils pourchassent aussi Mahomet et le traitent de fou. Heureusement, le prophète bénéficie de la protection indéfectible de son oncle, Abou Talib.
Finalement dans son désir de se rallier les Mecquois rétifs à sa prédication, il lance de l'esplanade de la Kaaba la sourate dite de l'Étoile, dont les deux derniers versets suggèrent un accommodement avec les idolâtres:
«Ce sont les déesses sublimes Leur intercession est admise »
Les relations s'apaisent aussitôt entre les clans rivaux. Les exilés d'Abyssinie prennent le chemin du retour.
Cependant, chez les disciples de la première heure qui sont restés à La Mecque, c'est la consternation. Ils se demandent à quoi ont rimé leurs souffrances s'ils doivent en définitive revenir à un polythéisme.
Par chance , l'ange Gabriel restaure la vraie doctrine en soufflant à Mahomet une sourate dite de Youssouf par laquelle il est dit que les deux versets incriminés ont été inspirés par Satan. L’affaire est close... Elle refera surface quatorze siècles plus tard avec la publication à Londres d'un épais roman intitulé Les Versets sataniques. Son auteur, Salman Rushdie, sera vilipendé et condamné à mort par l'imam Khomeiny, leader des Iraniens.
En 619, l'horizon s'obscurcit avec la mort de l'épouse dévouée, Khadidja, ainsi que du puissant Abou Talib. Se sentant menacé, Mahomet part pour l'oasis de Taif, à une centaine de kilomètres, mais il en est chassé par les habitants, peu soucieux de se fâcher avec les commerçants.
De retour à La Mecque, il en profite pour se remarier et met fin à sa monogamie antérieure. Il épouse d'une part une veuve du nom de Saïda, d'autre part la très jeune fille de son disciple Abou Bekr. Elle a nom Aïcha... et guère plus de six ans
Dans l'une de ses nouvelles visions, Mahomet se voit transporté pendant son sommeil à Jérusalem, puis de là, un cheval ailé, Borak, le hisse jusqu'au ciel avant de le ramener dans son lit. Le récit de ce vol a fait que Jérusalem est devenu la troisième ville sainte de l'islam, après La Mecque et Médine.
Le rocher d'où se serait envolé le prophète est aujourd'hui révéré est le même que celui sur lequel, d'après les juifs, Abraham, aurait manqué de sacrifier son fils Isaac
C’est autour de ce rocher, sur le mont Moriah, qu'ont été édifiés les deux Temples juifs, l'un et l'autre détruits par des envahisseurs. Après la conquête musulmane, un monument somptueux, le «Dôme du Rocher», a été édifié autour du rocher sacré.
Malgré tout, Mahomet ne se satisfait pas de rester à La Mecque, où il ne peut guère accroître le nombre de ses disciples et doit endurer une opposition persistante de la part des commerçants Koraïchites. C'est alors que survient un événement décisif qui débouchera sur la fuite à Médine
Le 23 juin 622, à Aqaba, sur les bords de la mer Rouge, les représentants de Yathrib signent avec le Prophète un pacte d'alliance et acceptent d'accueillir ses disciples mecquois, au total 70 personnes. Peu après, le Prophète lui-même se résout à faire le voyage vers Médine avec une poignée de fidèles. Leur départ de La Mecque se déroule sous le sceau du secret. Il a lieu le 16 juillet 622 selon la tradition fixée bien plus tard par le calife Omar. Il est désigné en arabe par le mot hijra (en français, Hégire) qui signifie émigration.
Suite à l'installation en son sein du Prophète, Yathrib prend le nom de Medinat el-Nabi («la ville du Prophète») - Médine en français -. Mahomet aménage sans attendre en son centre un lieu de prière ou mosquée Il prend soin de rapprocher ses disciples mecquois et médinites dans une même fraternité et leur enseigne les rites de la prière commune.
L’arrivée à Médine de Mahomet et de ses fidèles (environ 200 familles) ne tarde pas à épuiser les ressources de la petite oasis... cependant que, non loin de là, passent les caravanes des riches commerçants mecquois
En janvier 624, en un lieu appelé Nakhlah, douze disciples de Mahomet attaquent une caravane de La Mecque. Ils tuent un homme d'une flèche et font deux prisonniers. Ils ramènent aussi un butin consistant dont ils remettent un cinquième au Prophète. L'affaire fait grand bruit car elle s'est produite pendant le mois de rajab. Il s'agit d'une période sacrée qui exclut le meurtre, selon le paganisme arabe. Mahomet désapprouve dans un premier temps ses disciples. Ceux-ci sont consternés... mais une révélation divine vient à point les réconforter (sourate 2, verset 217). Cette sourate précise qu'il est certes répréhensible de combattre pendant les périodes sacrées mais qu'il l'est encore plus de se tenir en-dehors du chemin d'Allah, comme les polythéistes de La Mecque. En d'autres termes, la guerre sainte en vue d'étendre le domaine de l'islam peut excuser le meurtre dans les périodes sacrées. Cette forme de guerre est l'aspect le plus brutal du jihad. Le jihad recouvre un ensemble de prescriptions qui vont de l'approfondissement spirituel à la guerre sainte contre les infidèles en vue de propager l’islam. Le dar al-harb désigne le monde non musulman où il est licite de mener la guerre sainte, par opposition au dar al-islam, ou domaine de l'islam. On ne compte pas les crimes sous le règne de Mahomet : A Médine même, Il impose sans ménagement son autorité. Selon les récits de la tradition, Asma, une poétesse ayant attaqué le Prophète dans ses vers, est poignardée dans son sommeil par Omeir, un musulman aveugle. Dès le lendemain celui-ci obtient un non-lieu de Mahomet. Le même sort attend Afak, un juif centenaire. Kab ibn al-Ashraf, un troisième poète, met en rage les musulmans en adressant des vers d'amour à leurs femmes. Mahomet réclame des sanctions et, le soir même, l’homme a la tête tranchée. Pour pacifier les relations entre les deux clans de l'oasis, l'un autour de la tribu Khazraj, l'autre autour de la tribu Aws, le Prophète édicte une «constitution», la Sahifa. Elle autorise la liberté de culte, y compris des juifs, chrétiens et autres sabéens. Mais la présence de plus en plus envahissante des musulmans irrite les tribus juives. C'est le début d'un conflit violent entre les deux communautés.
Le 11 février 624 marque la rupture entre le prophète Mahomet et les tribus juives de Médine. Cette rupture va déboucher sur un combat à mort. Sensible à la théologie juive, le Prophète s'en inspire largement dans ses recommandations sur le jeûne et les interdits alimentaires relatifs au porc. Il adopte le calendrier lunaire des juifs, avec des mois réglés sur les cycles de la Lune. Il fixe le jeûne pendant le mois de Ramadan, qui coïncide avec le début de la révélation coranique mais aussi avec la fête juive de l'expiation. Et il prescrit à ses fidèles de se tourner vers Jérusalem pour la prière. Il n'empêche que trois des quatre communautés juives de Médine persistent dans leur refus de se convertir à la nouvelle foi. Ces juifs reprochent en particulier à Mahomet de détourner le sens des textes bibliques et osent même se moquer de lui. Le 11 février 624, une révélation divine enjoint à Mahomet et à ses disciples de modifier la prière rituelle : elle se fera désormais en se tournant non plus vers Jérusalem mais vers la pierre noire de la Kaaba , le sanctuaire des idolâtres de La Mecque. Au printemps 624, à l'approche d'une caravane particulièrement riche en provenance de Syrie, Mahomet décide de l'attaquer. Mais ses plans sont déjoués par un espion. Les Mecquois du clan des riches Koraïchites dépêchent une armée au secours de leur caravane. C'est la bataille du puits de Badr, qui voit la victoire des musulmans malgré leur infériorité numérique. À son retour triomphal de la bataille de Badr, Mahomet ordonne l'exécution de deux prisonniers mecquois qui s'étaient montrés particulièrement virulents à l'égard du Prophète et de ses disciples. Mahomet remarque par ailleurs que les juifs de Médine se sont tenus à l'écart de la bataille. Son dépit à leur égard n'en devient que plus grand. C'est ainsi que de nouvelles révélations divines l'amènent à remodeler le calendrier. Elles précisent en particulier que le jeûne musulman se pratiquera pendant le mois de ramadan, celui durant lequel se déroula la bataille de Badr. Les interdits alimentaires exprimés dans les révélations faites au Prophète restent quand à eux assez semblables à ceux des juifs. Le fossé se creuse entre les juifs de Médine et la communauté des croyants. Trahisons, violences et médisances alimentent la zizanie, malgré le code de bonne conduite établi lors de l'arrivée de Mahomet. Peu après la bataille de Badr, un incident met le feu aux poudres. Une ou plusieurs musulmanes sont molestées au marché par des juifs de la tribu des Banu-Kainuka. Échauffourée, meurtres de part et d'autre. Le chef de la tribu mise en cause refuse de payer l'amende réglementaire aux parents des victimes musulmanes. La tribu est assiégée par le Prophète et ses disciples et, au bout de deux semaines, contrainte de leur livrer ses immenses biens et d'émigrer. Un peu plus tard, le 21 mars 625, lors de la fameuse bataille d'Ohod entre Mecquois et Médinois, la deuxième tribu juive, celle des Banu-Nadhir, se voit reprocher de soutenir les habitants de La Mecque. Elle est chassée vers le nord après un long siège et une violente bataille contre les musulmans. Tandis que les musulmans poursuivent la guerre contre les Koraïchites de La Mecque, Mahomet s'irrite de plus en plus du manque de soutien des juifs de Médine à son égard. La crise arrive à son terme en 627, après la «bataille du fossé» qui met une dernière fois aux prises Mecquois et musulmans de Médine. Sorti vainqueur du siège, Mahomet décide d'en finir avec les juifs de la troisième et dernière tribu de Médine, les Banu-Kuraiza, qu'il accuse (ce qui est vrai) d'avoir soutenu les assaillants. Sur son ordre, les musulmans décapitent 600 à 700 hommes et les ensevelissent dans une grande fosse de la place du marché de Médine. Ils se partagent les biens de la tribu, ainsi que les femmes et les enfants. Le 21 mars 625, dans le désert arabe, le prophète Mahomet et sa petite armée de fidèles sont attaqués par plusieurs milliers d'hommes (de 3.000 à 10.000) venus de La Mecque. La bataille se déroule autour du mont Ohod, à cinq kilomètres au nord de l'oasis de Médine où s'abrite la première communauté musulmane. Les Mecquois sont commandés par Abu Sufyan. Celui-ci dirigeait la caravane qui avait été attaquée quelques mois plus tôt par les musulmans au puits de Badr et il avait juré aux Koraïchites de La Mecque de venger cet affront. Au mont Ohod, sa cavalerie met à mal les musulmans et le Prophète est lui-même blessé dans les combats. Croyant Mahomet mort, Abu Sufyan se retire sans tenter de prendre d'assaut l'oasis de Médine. Il rentre triomphalement à La Mecque. Mahomet, de son côté, profite du répit pour affermir son autorité sur Médine.
Selon l'islamologue Maxime Rodinson, le jour de la bataille du mont Ohod marque la naissance du premier État musulman du monde. Peu après, en mai 627 survient la «bataille du fossé». Une armée de Mecquois d'environ 10.000 hommes et 600 chevaux, toujours commandée par Abu Sufyan, marche sur Médine. Un esclave persan, Salman le Persi, conseille à Mahomet de ceinturer l'oasis d'un fossé défensif. Inaccoutumé en Arabie, ce stratagème oblige les ennemis à renoncer après vingt jours de siège infructueux. C'est une nouvelle victoire pour les musulmans. Les Koraïchites de La Mecque comprennent qu'il ne leur reste plus qu'à se soumettre. C'est chose faite par le traité d'Hodaïbiya, en 629.Le 11 janvier 630, Mahomet entre à la Mecque à la tête d'une armée de 10.000 hommes et sans effusion de sang. Il se rend à la Kaaba, le sanctuaire de tous les Arabes, frappe les idoles aux yeux et ordonne de les détruire avant de s'en retourner à Médine. Et le 10 mars 632, peu avant de mourir, le Prophète accomplit un pèlerinage de trois jours à la Kaaba, débarrassée de ses idoles. Monté sur sa chamelle, il accomplit les sept circuits rituels, en touchant la Kaaba de son bâton. Puis il recommande à l'ensemble de ses fidèles d'accomplir au moins une fois dans leur vie semblable pèlerinage. Mahomet s'éteint à Médine le 8 juin 632 des suites d'une douloureuse fièvre. Il a environ 63 ans .Sa tombe est creusée à l'endroit même de sa mort. A l’instant de mourir, le Prophète a achevé par les armes l'unification de la péninsule arabe. Mais bien qu'il ait eu neuf femmes légitimes, il ne laisse aucun fils survivant susceptible de lui succéder à la tête des croyants. Mahomet laisse l'image d'un homme énergique mais aussi pénétré de sa mission divine. Il se défend d'être poète et se juge incapable d'inventer par lui-même quoi que ce soit de comparable au Coran. Il se reconnaît faillible et ne se veut en rien différent des autres hommes. C'est un guerrier qui ne rechigne pas à donner la mort.
Il consacre par ailleurs beaucoup de temps à la prière.
Pendant les vingt ans qui ont précédé sa mort en 632, le prophète Mahomet a énoncé la parole du Dieu unique (Allah) au fil de nombreuses révélations qui s'exprimaient par une agitation de tout son corps.
Les premiers fidèles ont appris par cœur ces révélations sorties de la bouche du Prophète ou, le plus souvent, les ont transcrites sur des supports variés: tessons de poterie, morceaux de cuir, omoplates de chameau,... Pour couper court à toute contestation future, le calife Othman en a confié la compilation à un groupe de travail puis fait détruire les supports d’origine.
Cette compilation du calife Othman est désormais la seule trace physique qui reste de la Révélation divine, appelée Coran (d'après un mot arabe, Qr, qui signifie récitation).Ce texte sacré est devenu le fondement de la religion musulmane.
Le Coran se présente sous la forme de 114 sourates classées par longueur décroissante (à part la première) et divisées en 6226 versets. Les sourates sont exprimées en langue arabe, la langue de la Révélation. Pour les musulmans, il n'est pas de langue plus respectable que celle-là car c'est celle que Dieu a choisie pour parler aux hommes...Les sourates dessinent les contours d'une doctrine simple, accessible au plus grand nombre, plus proche du déisme de Voltaire que des théologies chrétienne ou hébraïque.
Le Coran proclame la restauration d'un monothéisme authentique, dépouillé des influences corruptrices du judaïsme et du christianisme. Il prescrit à chaque homme de se soumettre ou s'en remettre à Dieu (se soumettre se dit aslama en arabe; de ce mot dérivent islam, nom de la religion fondée par Mahomet, et musulman, appellation courante des fidèles de Mahomet).
Il organise la religion de façon très simple autour de cinq rituels fondamentaux, les «piliers», qu'il suffit à chaque fidèle de suivre pour accéder à la vie éternelle. Il détaille aussi de façon précise les règles de vie en société, y compris le droit de la guerre, le droit commercial et le droit familial.
Les rituels de la foi musulmane s'organisent autour de cinq piliers
- la profession de foi en un Dieu unique et en son Prophète Mahomet: «Il n'y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son envoyé .
- la prière quotidienne (salah): elle doit être précédée par des ablutions et prononcée en direction de La Mecque, cinq fois par jour, à l'aube, à midi, l'après-midi, au coucher du soleil et le soir. Le vendredi, les musulmans sont invités à la prononcer à la mosquée, lieu de rassemblement attitré des fidèles. Il revient au muezzin de lancer l'appel à la prière par la formule : «Allah 'akbar» (Dieu est grand) qui, notons-le, ne figure pas dans le Coran.
- le jeûne du mois de Ramadan : les musulmans se doivent de jeûner du lever au coucher du soleil chaque jour du mois de Ramadan, neuvième mois du calendrier lunaire des Arabes, parce que le Prophète aurait reçu ce mois là la première révélation divine.
Du jeûne sont dispensés les malades, les femmes enceintes, les enfants et les personnes qui accomplissent le jihad.
La fin du jeûne est marquée par la grande fête de l'Id ad Fitr ou fête de la rupture du jeune
- l'impôt islamique (zakat) : il se monte à un dixième environ des revenus et il s'y ajoute l'aumône charitable, au bon vouloir de chacun. Sur lui repose le devoir de solidarité au sein de la communauté musulmane
- le pèlerinage à la Mecque (hadj) : il est recommandé à tous les musulmans au moins une fois dans leur vie et se déroule chaque année, du 7 au 13 du dernier mois de l'Hégire.
Comme le calendrier islamique est aligné sur les cycles de la Lune et décalé par rapport au calendrier civil, aligné sur le Soleil, le moment du pèlerinage, comme celui du jeûne, se déplace d'une année sur l'autre de onze jours.
A l'époque du pèlerinage se déroule la fête du sacrifice ou Grande Fête (Aïd el Kébir). En souvenir du sacrifice d’Abraham, père du monothéisme, chaque famille sacrifie un mouton.
A noter que le jihad ne figure pas parmi les cinq piliers de l’Islam.
Les symboles de l’Islam
Les symboles ordinaires de l'islam rappellent le Coran et les enseignements du prophète
- L'étoile à cinq branches qui figure sur le drapeau du Maroc évoque les cinq piliers de l’islam.
- La couleur verte, habituelle sur de nombreux drapeaux de pays à majorité musulmane, évoque le vert du paradis, tel que l'imaginent les croyants.
- Le croissant de lune, que l'on voit sur de nombreux drapeaux comme celui de la Turquie, rappelle que Mahomet a préféré le cycle lunaire au cycle solaire pour la mesure du temps.

Mahomet est un prophète, hors du commun, mais qui est comme les autres à l’origine d’une religion, qui a en quelque sorte donné une unité à toute une partie du monde arabe.
Pourtant, rien ne le prédisposait à devenir cet homme.
Pourquoi, alors que nous avons à faire en 600 en Arabie à une civilisation en début d’essor, pourquoi ces commerçants, qui connaissaient la bible, ont-ils eu besoin d’écrire un nouveau livre ?
Les idées du prophète étaient partagées, sinon la construction n’aurait pas réussi.
Il s’agissait d’idées du temps, de l’époque, dans cette région du monde .
Mahomet est un homme avec ses qualités et ses défauts, à la différence de Jésus, qui ne fait pas d’erreurs graves. Il n’est pas un saint homme, il tue, pille et retourne sa veste (Sourate de l’étoile et sourate de Youssouf)
Mahomet est un homme ordinaire, qui ne fait pas de miracles, mais qui deviendra un rassembleur et un chef.
Mahomet est un chef de guerre qui ne craint pas de tuer pour arriver à ses fins (La guerre sainte justifiée Jihad).
Mahomet aime les femmes et ne s’en cache pas.
Et pourtant, Mahomet est à l’origine de la construction d’une religion ou l’homme a un rapport direct avec Dieu (pas d’intermédiaire/ pas de structure), la religion du désert, qui peut être pratiquée sans prêtre et même sans lieu de culte .
Mahomet n’était pas, animé par l’amour ni par la paix, c’est clair, et pourtant il est indéniable qu’il est un des acteurs de la construction du monde d’aujourd’hui.


jeudi 9 septembre 2010

YOËL BENHARROUCHE

L'Être Complet

Espace au dela de l'espace / Jérusalem

Le fleuve du jardin d'Eden


Ma ville de Lumière

Vase et Lumière / l'Ame et son corps

Les Cinq niveaux de l'âme

Partage et réception des lumières

Mélodie des sens et partage de lumière

Elévation des Mondes
Subtiles formes de l'esprit

Expression poétique

Elévation vers le Ciel
Passionné des Ecritures, Yoël Benharrouche dessine sur un chemin de lumière, de l'humain au divin; ce n'est plus de la peinture, mais la transmission d'émotions, visions d'un monde féérique et fantastique :
http://www.benharrouche.com/

vendredi 18 juin 2010

L'Arbre de Vie

L'arbre séphirotique
Le Sefer Yetsirah
Le Sefer Yetsirah ou le livre de la Formation est un des plus anciens traités rabbiniques de philosophie Kabbalistique qui nous soit parvenu. Ce manuel philosophique traite de l'origine de l'univers et de l'humanité.
Il est important de préciser que la langue hébraïque associe des lettres et des nombres : chaque lettre suggérant un nombre et chaque groupe de lettres possède une signification numérique vitale. Le principe de renversement des lettres et de leur substitution par d'autres lettres selon des combinaisons préalablement définies est également utilisé.
D’après le Sepher Yetzirah, l'esprit humain est fixé sur la vérité et sur la raison tout en étant capable de prendre en compte les développements de l'intelligence par des nombres. Le Zohar représente la vérité absolue et le Sepher Yetsirah fournit les moyens de l'atteindre et de l'utiliser.
Les dix sefirot (Sephiroth ) sont les dix nombres primordiaux. Le terme est dérivé de la racine hébraïque SFR signifiant compter (numération – numérologie). Le terme sefirot signifie qu'il ne s'agit pas de nombres ordinaires mais de « nombres principes» identifiés comme étant les dix dimensions infinies du cosmos, à savoir les six dimensions de l'espace, les deux du temps et celles du bien et du mal.
Les sefirot servent à décrire la naissance du monde. La première sefira est le pneuma divin. De celui-ci sort la seconde sefira, l'air… De l'air sont issus l'eau et le feu. Les 6 dernières sefiroth représentent les six directions dans l'espace. Elles sont scellées au moyen de 6 permutations du grand nom de dieu YHWH.
Le Sefer Yetsirah nous apprend que « le réel » est constitué par la combinaison des 22 lettres hébraïques, générant les 231 combinaisons binaires, à l'origine de la création du monde.
Le premier groupe de lettres est composé des trois consonnes mères aleph, mem, shin.
Le second groupe est composé des sept consonnes doubles. Elles représentent les sept planètes du cosmos, les sept jours de la semaine ainsi que les sept orifices de la tête de l'homme.
Le dernier groupe est celui des douze consonnes simples placées en rapport avec les douze manifestations psychosomatiques qui se déroulent chez l'homme ainsi qu'avec les douze organes principaux. Elles représentent les douze mois de l'année.
La structure de l'Arbre de Vie
L’Arbre de Vie de la Kabbale représente symboliquement les Lois de l'Univers. Ce schéma est formé de 4 mondes, 10 centres énergétiques (ou numérations appelées Sephiroth), 3 voiles d’existence négative non manifestée, 3 piliers et 22 sentiers. Cet ensemble forme les 32 voies de la Sagesse.
Les 4 mondes sont : (voir cercles ci dessous)
- ATZILUTH : l'Emanation (les archétypes, les concepts, le mental abstrait),
- BRIAH : la Création (le mental concret, les formes pensées),
- YETSIRAH : la Formation (les émotions, les sentiments, l'astral),
- ASIAH : l'Action (la cristallisation).
Les Séphiroth
- D'abord, Kether, Hokmah et Binah, les trois Sephiroth originelles.
- Ensuite, Chesed, Geburah et Tipheret, les trois Sephiroth réellement créatrices.
- puis Netzah, Hod et Yesod,
- Et pour terminer Malkut.
On observe ainsi quatre "groupes" de Sephiroth, que l'on a appelés Mondes ou Olanim (singulier Olam) :

Olam Ha'Atziluth, le monde de l'émanation, il regroupe Kether, Hokmah et Binah. C'est le monde le plus proche de l'essence divine, du grand Tout, de l'Unique. Atziluth est le monde du divin, de l'étincelle de vie originelle. Toutefois, comme chaque Sephirah est présente dans toutes les autres, Aztiluth n'est pas seulement présent dans Kether, Hokmah et Binah, mais également dans les sept autres Sephiroth. Cette "parcelle" évoquera toujours ce principe de l'émanation originelle des Sephiroth ainsi que leurs rôles dans la création de l'univers. La couleur associée à ce monde est le blanc.

Olam Ha'Briah, le monde de la création, il regroupe Chesed, Geburah et Tipheret. C'est le monde qui a initié réellement l'univers, après la séparation de Daath. Ce monde de l'esprit, de l'élévation intellectuelle est associé à la couleur bleue du ciel. Son élément est l'air de l'élévation spirituelle.

Olam Ha'Yetzirah, le monde de la formation, il regroupe Netzah, Hod et Yesod. C'est le monde qui a vu la concrétisation de la formation de Malkut qui en est directement émanée. C’est l'ultime étape avant la formation de la Terre, et donc chaque Sephirah est associée à une planète de notre univers, la Terre étant bien sûr postérieure aux autres corps célestes. C’est aussi le monde de l'émotion, de la psyché. La couleur qui lui est associé est le violet. On lui attribue également une correspondance avec l'élément eau, la source qui nourrit le monde.

Olam Ha'Assiah, le monde de l'action, ne comporte que Malkut, la Sephirah finale. C’est le monde du corps, le plus terre à terre, c'est le monde matériel. Sa couleur associée est le rouge du sang, le rouge de la terre.

Les 10 Sephiroth sont :
- KETHER : la Volonté, la Couronne
- HOCHMAH (ou CHOKMAH) : l'Amour Sagesse
- BINAH : l'Intelligence et la Compréhension
- HESED (ou CHESED) : la Miséricorde et la Grâce
- GEBURAH : la Justice et la Rigueur
- TIPHERETH : la Beauté
- NETSAH (ou NETZACH) : la Victoire
- HOD : la Gloire
- YESOD : le Fondement
- MALKUTH : le Royaume

Les 3 voiles d’existence négative non manifestée sont :
- AIN : la Négation,
- AIN SOPH : l'Illimité,
- AIN SOPH AUR : la Lumière.

Les 3 piliers ou colonnes sont :
- la Miséricorde (à droite, positif, masculin) gouverné par la lettre "shin",
- la Rigueur (à gauche, négatif, féminin) gouverné par la lettre "mem",
- l'Equilibre (au centre, neutre) gouverné par la lettre "aleph".

Le pilier de la miséricorde (placé à droite appelé Yachin) comporte les Sephiroth de l'aspect masculin, les aspects positifs, à savoir Hokmah, Chesed et Netzah. Il est associé à tout ce qui insuffle la vie et pousse à son développement. Il est souvent représenté comme une colonne de couleur blanche.
Le pilier de la rigueur (placé à gauche appelé Boaz) comporte les Sephiroth réceptacles teintées de l'aspect féminin, les aspects négatifs car ils tendent à restreindre les actions de la Force : Binah, Geburah et Hod. Ce pilier est associé à tout ce qui contient, résorbe et confine la vie afin de mieux la contrôler. Il est souvent représenté comme une colonne de couleur noire. On l'appelle aussi parfois pilier de la sévérité, ou de la Forme en tant que forme du moule dans lequel tout vient s'inscrire.
Le pilier de l'équilibre (placé au centre) représente le devenir théorique de tout être humain. Ce pilier comporte les Sephiroth qui se trouvent marquées d'une union équilibrée entre les deux principes, à savoir Malkut, notre monde, Yesod, la porte vers les sphères plus hautes, Tipheret, l'enfant divin de Chesed et Geburah, et enfin Kether, la Sephirah de l'illumination, parfait équilibre entre ces deux principes qu'elle a elle-même engendrés.
Une dernière structure kabbalistique que l’on nomme également les Mondes, peut être établie en sachant que chaque Monde contient l'Arbre de Vie en entier.L'Arbre de Vie présente donc une structure géométrique. Quatre cercles représentant les quatre Olanim s'intersectent les uns avec les autres tout en restant centrés sur un axe vertical entouré de deux autres axes, ces trois segments représentant les trois piliers. A une double structure de Sephiroth, réparties sur trois piliers, et de Mondes ,vient s'ajouter la structure des Olanim, présents dans chacune des Sephiroth, mais dominants dans certaines d'entre elles quel que soit le regroupement que l'on ait choisi d'adopter.


L'arbre de vie dans le Temple de Salomon et dans les cathédrales.




Lien intéressant: http://www.lesceauetlessignes-jmmandavy.fr/tout/sepher-yetsirah_HB-FR.htm



mercredi 16 juin 2010

Tav

Tav ou Taw est la vingt-deuxième et dernière lettre de la plupart des alphabets sémitiques, dont le phénicien x ,l'araméen, le syriaque ܬ, l'hébreu ת et l'arabe ﺕ.
La lettre phénicienne est à l'origine du tau (Τ, τ) de l'alphabet grec, du T (T, t) de l'alphabet latin et du Te cyrillique (Т, т).
Sa valeur phonétique est, selon le contexte, une consonne occlusive alvéolaire sourde (/t/) ou une consonne fricative alvéolaire sourde (/θ/).
Écriture et prononciation
Le ת est prononcé en hébreu moderne comme une consonne occlusive alvéolaire sourde (/t/).
Cependant, il fait à l'origine partie des six « lettres doubles » dont chaque lettre représente deux phonèmes.
Ceux-ci sont distingués, selon le système de ponctuation massorétique, par un point au centre de la lettre, appelé daguesh doux (תּ), qui signale la forme occlusive (/t/). La mutation consonantique se produit lorsque le tav se trouve en début de mot, ou derrière une lettre marquée d'un shva quiescent (muet).
La prononciation de la forme fricative (ת tav rafè) varie selon les traditions : il s'agissait vraisemblablement, dans la vocalisation tibérienne de l'hébreu, d'une consonne fricative dentale sourde (/θ/), comme c'est le cas en hébreu yéménite. Toutefois, il s'agit d'une consonne fricative alvéolaire sourde (/s/) dans l'hébreu ashkénaze.
La consonne fricative dentale sourde peut être indiquée en hébreu moderne (pour retranscrire des noms provenant de langues étrangères) par un gueresh (׳) placé après le tav (ת׳).
Par ailleurs, si le tav a la même valeur phonétique que le teth en hébreu moderne, ce n'est pas le cas en hébreu biblique, ni en hébreu yéménite, où le teth est une consonne emphatique, pharyngalisée.
Symbolisme
La lettre tav est la marque, le signe, le symbole : le Sceau Divin.
Dernière lettre de l'alphabet hébreu, elle représente l'aboutissement de la création et la totalité des choses créées. Notons que les trois dernières lettres de l'alphabet forment le mot rishet, qui veut dire : quadriller, montrant la création terminée, enveloppée et structurée.
Origine
Le Tav est issu du simple dessin d'une croix, qui n'a évidemment aucun rapport avec la croix chrétienne.
L'idéogramme du Teth montrait une croix enfermée dans un cercle, la croix se retrouve avec le Tav, mais cette fois libérée de la limitation du cercle. Ce cercle symbolisait l'emprise des cycles de l' existence. La croix du Tav est totalement libre et peut rayonner dans les quatre directions à travers les quatre éléments de la nature et les quatre mondes mystiques. Cette croix montre le retour à l'unité de la source des quatre fleuves sortant de l'Eden, notre véritable racine (Shin).
Avec le Tav se termine l'alphabet mais également toutes les contraintes qui réduisent la lumière de l'âme, qui peut désormais révéler sa véritable nature.
Signification
Le nom Tav est un signe en forme de croix sur la selle d'un chameau, ce nom vient de la racine "tavah", supportant trois types de significations :
1 - "marquer","désigner", "dessiner".
2 - 'être en deuil", "la peine".
3 - "habiter".
Le mot 'tav" est très proche de "tohou"(de Tohu Bohu), qui désigne un chaos.
Forme de la lettre
La lettre Tav est formée par la réunion des lettres Daleth et Noun. Ces deux lettres forment le mot "dan", le "juge".
Guématria
La valeur numérique 400, du Tav, représente la vie dans la réunion des consciences essentielles, symbolisées par les 4 fleuves sortant de l'Eden.
Il est intéressant de remarquer que "shékelim', "les consciences", possède cette guématria. De plus, Tav étant la vingt-deuxième lettre, faisant allusion aux 22 femmes saintes, il se trouve que le mot "nashim", "femmes", a 400 pour valeur numérique.
La valeur pleine de Tav est égale à 406, comme pour le mot "atha", "toi".

lundi 14 juin 2010

Shin ou Shine

Shin (également écrit Šin) est la vingt-et-unième lettre de nombreux abjad sémitiques, dont le phénicien, l'araméen, le syriaque ܫ, l'hébreu ש, et l'arabe šīn ﺵ (bien que le šīn soit la douzième lettre de l'alphabet moderne).
La lettre phénicienne est à l'origine du Sigma grec (Σ), du S latin, et des lettres cyrilliques Es (С) et Sha (Ш), et pourrait avoir inspiré la forme de la lettre Sha de l'alphabet glagolitique.
Sa valeur phonétique est, selon le contexte, une consonne fricative post-alvéolaire sourde (la consonne chuintante ʃ (/sh/)) ou une consonne fricative alvéolaire sourde (la consonne sifflante s). La glyphe proto-sinaïtique et, peut-être, sa descendante proto-canaanéenne seraient, selon William Albright et Brian Colless, basées sur le hiéroglyphe appelé shamash (soleil) dans les langues sémitiques, et faisant référence au *śamš- proto-sémitique, avec une valeur phonétique /ʃ/.
Le šin phénicien exprime deux phonèmes protosémitiques, et pourrait être basé sur le pictogramme d'une dent (shen en hébreu). Cependant, selon l'Encyclopedia Judaica, il représenterait originellement un arc composite.
L'histoire des lettres exprimant des sibilantes dans les divers alphabets sémitiques est compliquée par le fait de différentes fusions entre des phonèmes proto-sémitiques. Selon la reconstruction classique, cinq phonèmes proto-sémitiques (š s ṣ ś ṣ́ ) ont donné naissance à diverses sibilantes sourdes dans les langues-filles (Proto-Sémitique Akkadien Arabe Phénicien Hébreu Araméen Guèze)
Le shin dans la tradition juive
Le shin est la première lettre du Nom divin Shaddaï (שַׁדַּי), et figure à ce titre sur les boîtes placées par les Juifs au fronton des portes. C'est aussi pour cette raison que les Juifs enroulent la lanière de leur phylactère autour de la main de manière de façon à dessiner un shin, et que les Cohanim (prêtres) disposent leurs doigts de façon à en former un, lors de la bénédiction sacerdotale.
Il fait également partie des 7 lettres qui peuvent être ornées dans l'écriture ashourite de 3 couronnes (taguim), avec le ג, le ז, le ט, le נ, le ע et le צ.
שּ
Selon une tradition, le shin représenterait les 3 vallées qui se rejoignent au sud de Jérusalem : la vallée de Hinnom celle du Tyropoeon et celle du Kidron[De plus, la position du dagesh (point) dans la lettre coïnciderait avec celle du Temple sur la carte de Jérusalem.
Le shin est également l'une des lettres figurant sur la toupie de Hanoucca à quatre faces, ces lettres étantנ ג ה ש, abréviation, selon une étymologie populaire, de Nes Gadol Haya Sham (« Un grand miracle s'est produit là-bas ») .
Symbolisme
La lettre Shin représente la dent qui est un symbole de force vitale. Cette lettre symbolise l'esprit et l'énergie en mouvement et décrit l'action d'une force centrifuge.
Cette lettre rayonne par ses branches et montre l'expansion. Les trois branches du Shine représente l'âme : nefesh, roua'h et nechamah. Les trois têtes reliées montrent la distinction des unités.
Shine est le symbole de l'émotion, du but de la vie et de l'individualité.
Origine
Le graphisme du Shine est effectivement une dent, mais plus précisément la simplification d'une molaire.
Ainsi le dessin originel cherche à nous signaler le symbole de la dent qui malaxe mais surtout de sa racine. D'ailleurs, en hébreu le mot "racine" montre un Resh (tête) entouré par deux Shine (une molaire de chaque côté) : shorésh.
Ainsi Shine symbolise la racine de la tête, c'est-à-dire l'esprit, racine de l'existence.
Signification
Le nom Shine, écrit avec un Youd au centre, n'a pas de signification directe, à part celle de désigner la 21e lettre de l'Alphabet hébreu.
L'origine du nom est plus généralement attribuée au mot "shén", signifiant "dent".
On peut souligner également que l'hébreu "sana", signifie "haïr", "détester".
La même écriture, prononcée "shena" en araméen, est une racine signifiant "être changé", "être différent", mais encore "changer", "modifier", "transgresser".
Forme de la lettre
La forme de la lettre Shine est constituée par trois Vav, réunis par la base, chacun surmonté d'un Youd. Il symbolise par sa forme la symétrie et l'unité de toutes les triades.
La tradition enseigne qu'à l'origine le Shine n'avait pas trois mais quatre branches, la branche supplémentaire représentant le Olam haBa (Monde Futur).
Selon d'autres sources, le Shine à trois branches symbolise les patriarches, tandis que celui à quatre branches représente les matriarches : "Le Shine avec trois têtes fait référence aux patriarches Abraham, Isaac et Jacob, alors que le Shine avec quatre têtes fait référence aux matriarches : Sarah, Rébecca, Rachel et Léa.
Guématria
La valeur numérique 300, de Shine, est connue pour être celle de "Roua'h Elokim" (Esprit d'Elokim). Ce nombre est celui de l'activité indépendante et libre.
La valeur pleine du Shine est égale à 360, nombre connu pour marquer l'accomplissement du cercle. Il représente également dans les traditions anciennes, le cycle d'une année. Il se trouve d'ailleurs que le mot hébreu "shanah", année, semble reposer sur la même racine que Shine. De plus, l'expression 'haShanah", l'année, totalise 360.

dimanche 13 juin 2010

Resh

Resh (ר, prononcé /r/) est la vingtième lettre de l'alphabet hébreu.
Elle est apparentée au rho (Ρ, ρ) de l'alphabet grec, au R (R, r) de l'alphabet latin et son équivalent dans l'alphabet cyrillique.
Le mot hébreu le plus proche de Resh est Rosh qui signifie "tête".
Sa valeur numérique est 200.
Caractère phénicien
Symbolisme
La lettre rech est identifiée à rosh, la tête ou le commencement .C'est aussi le sommet, l'humilité. Il représente le plus haut niveau en son genre. La courbure du rech montre un changement de direction offrant le choix entre l'élévation et la dégradation.
rech est le symbole de la pensée, de l'intellect, de l'énergie mentale, du déclenchement.
Origine
Autant par son nom que par ses graphismes les plus primitifs, il est certain que la lettre Resh représente une tête humaine vue de profil. Cette tête cherche à symboliser la conscience qui nous domine, l'origine de toute chose et le sommet de l'existence. Il s'agit d'une tête humble et dépouillée, car le chas de l'aiguille du Qof, qui précède le Resh, ne laisse passer que l'essentiel. La tête sans corps est l'esprit manifesté, libéré des contraintes corporelles.
Signification
Le nom de la lettre "Resh", est un mot évoquant la pauvreté et la misère mais, par sa racine, dans le sens de "repartir de zéro, retrouver ses sources, après introspection".
Mais le sens premier vient du mot "Resh" araméen signifiant tête et qui correspond au mot hébreu "rosh", qui en plus de la signification "tête", évoque aussi le "principal" et le "plus haut en son genre".
Forme de la lettre
La forme de la lettre Resh évoque une tête de profil, dont le tracé est constitué par la lettre Vav.
Guématria
La lettre Resh représente la valeur 200, qui est la dualité des principes et l'âme du cosmos. Cette valeur est la guématiria du mot 'étsem", dont le sens est "substance", "essence", "os". Et du mot "qadmon", "archétype", "ancien", mot rejoignant le principe du Resh.
La valeur pleine de Resh est égale à 510. Ce nombre est la guématria de "Sarah" , l'épouse d'Abraham, dont les lettres sont une permutation du nom Resh.
Une autre permutation de Resh, fait apparaitre "Shir", le 'cantique", qui signifie également "quintessence".
Une dernière permutation du nom fait apparaître "yashar" "droit", qui, si l'on ajoute Aleph et Lamed en finale, donne le mot Israël. L'apparition du mot "droit", nous enseigne que le Resh est pauvre mais droit.

samedi 12 juin 2010

Qof, Koph ou Kouf

Qof ou Qoph (ק prononcée /kˁ/) est la dix-neuvième lettre de l'alphabet phénicien et de l'alphabet hébreu, représentant un Q dur provenant du fond de la gorge. La lettre phénicienne est aussi devenue au cours du temps la lettre Q de l'alphabet latin, et la lettre Koppa (Ϙ, ϙ) dans certaines versions archaïques de l'alphabet grec.
Le mot hébreu Qof signifie "singe". Sa forme évoque une hache pour le caractère hébreu, ou une massue pour le caractère plus ancien.
Caractère Phénicien
Sa valeur numérique est 100.
Particularités
Cette lettre est, avec la lettre He, l'une des 2 lettres constituée de 2 traits séparés par un espace. Toutes les autres lettres sont d'un seul bloc.
Symbolisme
Koph signifie à la fois "chas d'aiguille" et "singe". C'est la destruction des illusions par la connaissance de la vraie lumière, son action est semblable à une arme tranchante qui accorde à l'homme le pouvoir de séparation entre le réel et l'illusoire.
Koph symbolise la spontaneïté, l'amour de la vie, la communauté.
Origine
L'idée de la forme d'un singe ou du chas d'une aiguille est valable devant le graphisme du Koph protosinaïtique, mais ne peut tenir face aux formes plus anciennes.
Le prototype de cette lettre peut tout autant symboliser un estomac, un visage de face et un hachoir.
Mais en considérant que la lettre suivante (Resh) est le sommet d'une tête et que la précédente (Tsadé) est un homme couché, il est vraisemblable que le rôle de cette lettre consiste à faire passer de l'état couché à debout, ou du fixe au mobile.
Ainsi, il est possible que cette lettre ait pour fonction de soutenir la tête et de lui assurer mobilité, dans ce cas, on pourrait voir dans le Koph, le crâne supporté par les vertèbres cervicales.
Koph serait, dans ce cas, la tête qui se redresse pour contempler les cieux et les mondes célestes.
Signification
La racine 'Qouf" exprime un déplacement circulaire. Ainsi, la barre verticale du Koph est le chemin par lequel on s'élève et la courbure est un mouvement circulaire imposé.
Le mot Koph est très proche de "Haqaf" désignant contour figé. Ce mot introduit "haqafàh", qui est un cycle, une révolution planétaire.
Par son nom, Koph est également lié à la parole car il est constitué par `qav", qui signifie à la fois "fil" et 'voix", et se termine par pé, la bouche.
Forme de la lettre
La lettre Koph est constituée par un Kaph et un Vav, dont les valeurs 20 et 6 permettent d'obtenir 26, valeur du tétragramme.
Guématria
La guématria du Koph est 100, ce nombre représente l'accomplissement du cycle des décimales (10 x 10 = 100). (référence aux 100 bénédictions qui doivent être récitées chaque jour)

mardi 8 juin 2010

Eglise de Meslay Le Grenet et sa danse macabre

La Danse macabre est un élément, le plus achevé, de l'art macabre du Moyen Âge, du XIVe au XVIe siècle. Par cette sarabande qui mêle morts et vivants, la Danse macabre souligne la vanité des distinctions sociales, dont se moquait le destin, fauchant le pape, l'abbé, le riche comme le pauvre , l'empereur comme le mendiant. On ne connaît pas sa fonction, mais, au XVe, et au début du XVIe siècle, ce thème sera peint sur les murs des églises et dans les cimetières d'Europe du Nord, sous forme de fresques, sous lesquelles figurent des textes poétiques, qui seront récités. Dessins et textes seront pour les prêtres un support pour expliquer et convaincre. Une autre hypothèse possible est la volonté de conjurer les épidémies. Ces "Dits"seront diffusés à travers l'Europe et colportés par les troupes de théâtre de rues.
Cette forme d'expression est le résultat d'une prise de conscience et d'une réflexion sur la vie et la mort, dans une période où celle-ci est devenue plus présente et plus traumatisante. Les guerres — surtout la guerre de Cent Ans — les famines et la peste, que représentent souvent les trois cavaliers de l'Apocalypse, ont décimé les populations.
Il fallait donc se préparer à bien mourir, c'est à dire en paix avec les autres, avec soi même et avec Dieu.
L'église de Meslay : Ce sont les fresques de la fin du 15ème siècle qui font tout l'intérêt de cette église. Elles représentent une ronde sans fin où s'affrontent morts et vivants mais dans laquelle seuls les morts dansent. Cette iconographie s'inspire d'un poème du 14ème siècle, dont les vers macabres s'expliquent par une époque très marquée par la guerre de Cent Ans et la Grande Peste :
Il y avait un dit par catégorie sociale; entre autres:
Le dit du Mort à l'Abbé:

"Abbé, venez donc! Vous fuyez!
N'ayez pas la mine ébahie.
Convient il que vous fuyez la mort?
Combien l'avez vous haïe!
Dites donc adieu à l'abbaye
Qui gros et gras vous a nourri.
Vous pourrirez vite: chez la mort
Le plus gras est premier pourri."
Le Dit des trois Vifs
Le Dit des trois Morts

Le Dit des trois femmes bavardant à la messe

Le Pape

Le Roi

Le Laboureur, l'enfant, l'usurier et l'ermite

lundi 7 juin 2010

Ballade à Chartres

Portail Sud Est
Clocher Nord Ouest: flèche gothique flamboyant sur base romane

L'ombre et la Lumière

Lumière à l'Orient

Vitrail Sud

Portail Nord


Cuve de Baptème de la crypte:
De la base carrée (La Terre / l'Homme)
A l'ouverture circulaire (La Divinité)
ou bien: des signes de terre aux signes d'eau







vendredi 4 juin 2010

Tsade

Tsadi ou Tsade (צ prononcée /ts/) est la dix-huitième lettre de l'alphabet phénicien et de l'alphabet hébreu. Elle a pu inspirer la forme de la lettre archaïque San de l'alphabet grec ainsi que la forme de la lettre Tsi de l'alphabet glagolitique et ensuite la lettre Tse de l'alphabet cyrillique.
Elle change de graphie selon qu'elle soit en position finale ou non dans le mot.
Certains voient dans ce symbole une plante, en particulier un plant de papyrus. D'autres y voient un hameçon ou un harpon (צִלְצָל mot commençant par un tsadi) et arguent du fait que צָד tzad en hébreu signifie au sens propre chasser, attraper mais aussi au sens figuré tromper, leurrer. De plus, en arabe, le mot sad signifie chasser mais aussi pêcher.
La valeur numérique de צ est 90 et celle de ץ est 900.
Particularités
Cette lettre fait partie des 7 lettres qui peuvent être couronnées de 3 taguim (תָּגִים).
Symbolisme
La lettre tsade symbolise l'acceptation d'une sublimation, dans le but d'accéder à un autre niveau d'existence ou de conscience ou bien de changer de cycle. Le sefer abahir présente le tsade comme la lettre du tsadik, du Juste, qui a su se sublimer et devenir un fondement par lequel les autres existences peuvent continuer d'exister. La tradition enseigne que pour que le monde subsiste, il est impératif qu'il y ait toujours trente-six Justes sur terre.
Il symbolise également la vie simultanée dans deux mondes, le monde présent (olam azéh), et le monde futur (olam abah)
Origine
L'évolution primitive du Tsadé est assez difficile à comprendre, il semble qu'à l'origine il s'agissait d'un homme couché, peut être même d'un cadavre, vu de profil. Mais le protosinaïtique semble vouloir indiquer un hameçon ou une ancre.
L'hameçon peut aller dans la même direction, car il permet de fixer une proie mouvante. Ainsi, par ces symboles, le Tsadé semble provoquer une lutte entre le solide et le liquide, ou le fixe et le mobile. Peut-être sert-il tout simplement à fixer la parole du Pé, dans ce cas, le Pé symboliserait la Torah orale et le Tsadé la Torah écrite.
Signification
Tsadé vient de la racine "tsad", "côté" et fait penser au mot "tsidi", "latéral".
La racine la plus probable pour le mot "tsadé", est "tsadah", qui signifie "poursuivre", "traquer". On peut également signaler la racine araméenne "tseda", signifiant "dessein", "plan".
Forme de la lettre
La lettre Tsadé est formée par un Noun courbé, symbole d'humilité, surmonté par un Youd, symbole de la domination de l'esprit divin, chevauchant les humbles. Selon une autre interprétation kabbalistique, Noun fait allusion à l'Arche d'Alliance et le Youd à Joseph (qui commence par un Youd).
Guématria
La valeur numérique 90 de la lettre Tsadé représente la sublimation par la mobilisation des forces internes et par extension l'expression du silence.
90 est également la solidarité universelle réalisée, allusivement décrite par le mot "kelali", dont le sens est "universel", "collectif". De plus la cohésion est réalisée par le "roi", "mélék'h", en hébreu, supportant également la valeur 90.
La droiture du Tsadé, est également symbolisée par la colonne de droite du Temple, qui s'appelait "Yakin", de la même valeur.
La valeur pleine du Tsadé est égale à 104. Ce nombre exprime tout le potentiel du Roi David, qui a réuni les tribus autour du projet du Temple et en a posé les fondements.