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mardi 9 février 2010

Les Labyrinthes Verts

Le Labyrinthe Végétal
L’antique symbole du labyrinthe est sorti des églises au XVIe siècle pour s’installer aux jardins. Tout comme le théâtre, dans la variante du drame liturgique, le labyrinthe de déambulation à l’échelle 1/1 avait sa place dans la cathédrale, comme à Chartres, à Reims, ou à Saint-Quentin, où il était appelé la Lieue ou le Chemin de Jérusalem , il en est sorti en devenant une œuvre autonome qui ne s’intégrait plus dans la liturgie ou dans un autre rite parallèle (rattaché, par exemple, au pèlerinage). Il était sur le point de se transformer en endroit propice au jeu de galanterie ou d’énigmes, réservant des surprises, comme les musiciens cachés au cœur du labyrinthe de Chantilly, vers 1760.
Les premiers labyrinthes construits à l’aide de haies ou d’arbustes à l’époque de la Renaissance rappellent certainement la mode architecturale et paysagiste italianisante importée en France dans la cour de Catherine de Médicis, et on peut encore les retrouver, par exemple, à Chenonceau. Ils préfigurent ainsi le jardin au tracé géométrique à la française et deviennent en peu de temps des objets familiers dans toute l’Europe, tels les labyrinthes anglais, hedge mazes, de Hampton Court, construit en 1690. Cependant, les dédales végétaux sont probablement beaucoup plus anciens. Pline l’Ancien, dans son Histoire naturelle, parle de bosquets de cyprès taillés dans un but ornemental, mais sans décrire précisément la disposition d’un labyrinthe. Aussi, une légende voulait que le roi Henri II eût enfermé sa maîtresse Rosemonde dans les méandres d’une maze à Woodstock ; la popularité de cette histoire tend à prouver que la structure du labyrinthe à ciel ouvert était déjà connue et utilisée au cours du Moyen Âge.
Leur forme a évolué au cours des siècles : à l’origine les bosquets étaient taillés au niveau des genoux de ceux qui s’y aventuraient. Ainsi, les multiples embranchements offraient au visiteur la diversité des chemins, le plaisir de trouver lui-même le chemin plus que celui de l’égarement, car il était possible d’embrasser du regard l’ensemble du paysage et de trouver une façon d’en sortir. L’ancienne image de la complexité du monde, de la quête spirituelle y apparaissait domestiquée et réduite à un moyen d’agrément, à un jeu courtois. C’est justement cet aspect ludique qui va se perdre, au fur et à mesure que la hauteur des haies progresse, au profit d’une image inquiétante du labyrinthe, devenu lieu d’angoisse et d’enfermement avec la mode de l’architecture et du roman gothiques à la fin du XVIIIe siècle.
Le labyrinthe végétal est désormais plus proche de la forêt et de ses dangers, lieu par excellence des péripéties dans le roman médiéval, que du dessin de l’architecte, mais on pourrait dire également que les deux traditions se superposent. Cette dimension apparaît assez fréquemment dans le cinéma contemporain, et on peut citer le jardin-labyrinthe de Shining, dans une construction très élaborée ou le motif du labyrinthe se répète partout dans les éléments du décor, de la maquette au dessin sur le sol, de l’intérieur à l’extérieur de l’hôtel, profondément imbriqué dans la trame.
Les villes labyrinthes
Différentes villes ressemblent à des labyrinthes de part leur construction.
Selon un manuscrit hébraïque datant du XVe siècle, la ville de Jéricho serait formée de sept cercles concentriques (symbolisant les sept murailles de la ville) et créerait un labyrinthe. Ou encore Jérusalem associée au mythe du labyrinthe : ville sainte, elle est le centre de l’enseignement du Christ et l’aboutissement du pèlerinage en Terre Sainte. Elle représente aussi la cité parfaite où l’on accédait à la rédemption de l’âme.
De même, le site Stonehenge serait, selon l’écrivain Jorge Luis Borges, un labyrinthe avec plusieurs sorties.
Citons aussi, l’Île de Malekula (nord-est de la Nouvelle-Calédonie), qui possède de nombreux labyrinthes. Le centre de ces derniers, utilisés dans des rites sacrés, symbolise le passage entre le monde des vivants et des morts. Mais aussi Londres, où un labyrinthe de carreaux de céramique sur le mur d’une station de métro à Londres, Warren Street. Warren est le nom des terriers de lapins et de leurs dédales de galeries. Aux heures de pointe, les voyageurs ont deux minutes d’attente en moyenne entre chaque train. L’auteur du dédale a estimé qu’il fallait environ trois minutes pour le résoudre. N’oublions pas Tokyo, ville labyrinthe par excellence. Les croisements et les rues n’ont ni noms, ni signalisation. La ville juxtapose une suite de quartiers, d’escaliers, d’autoroutes empilés.
Vue aérienne de Tokyo
New York aussi possèderait (paradoxalement) cette complexité selon Paul Auster pour qui sa ville natale serait une ville labyrinthe. Dans son œuvre La cité de verre, les personnages se perdent dans les cheminements des avenues, n’étant nommées que par des numéros.

lundi 8 février 2010

Elucubrations dans les dédales des labyrinthes

Cathédrale de Chartres


Nous avons vu que le labyrinthe était le palais crétois de Minos où était enfermé le Minotaure et d'où Thésée ne put sortir qu'à l'aide du fil d'Ariane. Nous trouvons ce même tracé dans certaines grottes préhistoriques ; il est aussi présent au sol des cathédrales. Le labyrinthe était aussi connu en Egypte et en Grèce...Mais si nous connaissons l'origine du tracé, quelle est l'origine du mot? et surtout quelle en est la signification et le/les sens cachés?

Ci dessous une réponse intéressante trouvée sur la toile:


Une des racines serait "laborintrus", mot latin qui comporte la racine "labor", travail, dans le sens d'effort. De ce terme découlent plusieurs mots dont "labrum", sillon ouvert par le "labrus", nom donné à une hache à double tranchant, une de ces haches qui séparent le bien du mal, le haut du bas, le profane du spirituel.

Double hache en bronze provenant du mégaron de Norou

Peut-être est-ce là qu'il faut chercher l'origine des "forces" signalées au centre du labyrinthe, "forces" chthoniennes, sataniques de dessous ? Le labyrinthe serait dans ce cas un "nœud" qui bloque toutes ces "forces" et sépare donc le profane du sacré dans un lieu saint.
Cosmos était le sanctuaire de la hache, l'emblème du Roi, l'équivalent du Z de Zeus / Minos, la foudre qui relie la Terre au Ciel. La hache est l'instrument qui relie ou sépare le terrestre et le céleste.

Une autre origine du nom serait "labra" qui désigne les cavernes, les galeries de mines et "inthos" suffixe de racine pré-indo germanique qui se rapporte aux jeux d'enfants. Ainsi "labra-inthos", labyrinthe, désignerait les jeux de la caverne. Un lien possible peut donc exister avec la fameuse "Caverne" de Platon, entre les ombres et la Lumière, entre l'alternance noir et blanc du labyrinthe, le long du parcours qui conduit du profane au sacré, de la nuit vers le divin.
Les labyrinthes existent dans le monde entier depuis des millénaires. Les plus anciens datent de 15.000 ans. On en trouve en Amérique, en Suède en Grande-Bretagne, Italie, Inde, Egypte et naturellement en France.
Hérodote décrit celui du lac Moéris, construit par Aménemha III sous la 2ème dynastie. Il contenait 3000 chambres. Anubis, le dieu égyptien, y prenait en charge les âmes des défunts pour les conduire jusqu'à Osiris, afin que ce dernier prenne sa décision sur le devenir du mort.
Fait de cavernes et de carrières, ces lieux sous terre étaient des lieux initiatiques.
Le plus célèbre, celui de Cnossos, en Crête, formait une spirale se rétrécissant vers le centre en
montant, pour déboucher à l'air libre. Dédale, son concepteur, a laissé accroché à son nom ce concept de complexité, mais n'oublions pas que son fils Icare en se rapprochant du Soleil a fait fondre ses ailes. Si tous les chemins mènent à Rome, certaines intentions peuvent en éloigner … définitivement.
Peu à peu, les labyrinthes à trois dimensions, avec des voies sans issues, celles des errements et des culs de basses fosses, ont laissé place aux labyrinthes à deux dimensions et à une seule voie, menant au centre après des croisements et des retours en arrière. Façon comme une autre d'obliger au retour sur soi, à la descente dans son intériorité la plus intime.
Il en existe des circulaires (Saint Vital de Ravenne, Saint Savin de Plaisance, Sens, Guingan, Bayeux, Saint Michel de Pavie…), des carrés (Basilique San Reparatus d'Orléansville, Villa Diomède à Pompéi, San Bertin à Saint Omer…) et octogonaux (Saint Quentin, Arras, Reims, Amiens…), des géants et des petits.
Globalement, avec cette évolution, l'appellation labyrinthe est devenue erronée, car il n'y a plus qu'un seul chemin.

A ce stade il est amusant d'observer que le "Jeu de l'Oie" n'est pas un jeu anodin, mais est un pèlerinage sur un labyrinthe pour enfants, dans lequel la symbolique est la même. Avec ses embûches, ses pénalités et ses retours en arrière, c'est une façon d'apprendre aux jeunes, et parfois aux moins jeunes, les règles du "jeu" de la "Vie". Autre message laissé par La Tradition de nos anciens parmi d'autres jeux tels que celui de "la marelle" qui conduit de la terre au ciel, de l'enfer au paradis en passant par la croix.
Nous pourrions donc définir le labyrinthe comme un chemin de prière et de méditation pour celui qui fait un pèlerinage.
Cela expliquerait le fait que que celui de Chartres est également connu sous le nom de "Chemin de Jérusalem" car au temps des croisades, nombreux étaient ceux qui ne pouvant aller en Terre Sainte, parcouraient le labyrinthe, par substitution, faute de pouvoir partir. Son parcours fait à genoux, prenait autant de temps que de marcher une "lieue", d'où son autre nom : "la Lieue"
Mais le terme de Jérusalem dépasse le simple nom de la Cité Terrestre pour faire allusion à la Cité Céleste, modèle idéal pour ceux qui cherchent à retrouver le paradis perdu, modèle pour ceux qui par une vie exemplaire essayent de retrouver la pureté originelle.
Celui de Chartres est situé à la 3ème des 7 travées de la nef, 7, somme des nombres 4 et 3, symboles de tous temps de la matière et de l'esprit. Il est donc situé à l'intersection de la Terre et du Ciel.
L'homme, dans le monde entier, a conscience de la dégradation de son état sur terre par rapport à ce que ses ancêtres les plus lointains ont connu.
Pour les chrétiens, Adam et Eve sont les modèles archétypes par où, tout a commencé. Ils cherchent à retrouver l'état adamique de pureté idéale, celui où Adam possédait la "Parole" c'est à dire la possibilité de créer en nommant comme le fait Dieu, le Verbe. Pour cela, ils cherchent à reconstruire sur terre la cité céleste; les chrétiens cherchent à retrouver le Paradis perdu, la Parole perdue. Le nom choisi est Jérusalem car il symbolise le lieu de la venue du Messie sur terre.
L'homme qui part en pèlerinage avec un but géographique sur la planète, cherche à retrouver son créateur au travers de la manifestation qu'il traverse lors de son voyage et arrive au terme de ses pérégrinations, en état de symbiose totale avec l'environnement créé par Dieu.
Voyage "initiatique" réel, à la fois début, "init" de "initium" et fin.
Il fait alors partie du tout, a rejoint l'Un, son créateur, totalement conscient de la part qu'il lui reste à jouer dans l'accomplissement de l'œuvre divine, dans la manifestation.
Comment mieux "qualifier" le Divin que par le mot : "absolu" ? Or, "Absolum" était le nom du labyrinthe de Cnossos, celui du combat de Thésée et du Minotaure. Autrefois, une plaque de bronze représentant Thésée et le Minotaure était fixée au centre du labyrinthe de Chartres. Elle a été déposée.
L'homme qui parcourt le labyrinthe, part dans un voyage initiatique virtuel. Il s'isole de la manifestation et se concentre (Quel beau mot) sur lui-même, recherchant en lui les traces de la manifestation divine.
Lui aussi arrive au bout de son voyage en parfaite communion avec Dieu. Il comprend progressivement par les allers et retours du parcours, qui le rapprochent et l'éloignent du Centre qu'il est nécessaire de chercher en allant de l'avant, mais qu'il est bon de regarder derrière soi, puisque tout a commencé "avant".
"Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu".
On ne se coupe pas de ses racines, sous peine de mourir.
On ne sait pas s'il y avait un "fil d'Ariane" au début du labyrinthe de Chartres, accroché à un anneau, mais au début du parcours, un anneau a laissé son empreinte. Reliait-il le pèlerin dans son aventure, au sens de "avent", à son passé, à ses racines ?
Nouveau Thésée, il va combattre symboliquement le Minotaure incontrôlable, son Minotaure, celui des aspects négatifs de sa personnalité, aspects qu'il se sera lui-même confessés.
Il en sortira régénéré, comme Thésée, tout comme notre Seigneur Jésus-Christ vainquit la mort et ouvrit le chemin de la vie. Il est régénéré par son statut "Royal" et triomphe du Satan à l'aide du fil d'Ariane, fil de la Vierge Marie, fil de l'Amour qui répond à la bestialité et à la mort. Il lui est envoyé à temps par le Divin et le guide dans ses épreuves. Ne pas perdre "le fil" est fondamental pour celui qui récite un Rituel initiatique, que ce soit du temps du pseudo "Livre des morts" égyptien ou de notre temps lorsque nous récitons les Psaumes.
A noter que selon La Tradition, seuls les Rois, initiés et représentants de Dieu sur Terre, peuvent aller et revenir sans dommage entre les trois mondes (souterrain, terrestre et céleste) car ils en connaissent les voies.
Pour revenir à notre pèlerin, la dernière station à genoux, le dernier pas, celui qui le place au centre du labyrinthe, celui qui marque la réussite des retrouvailles, celui qui l'oblige à se relever, était fort justement appelé le "Saut de la Joie".
Nous pouvons l'imaginer, arrivant devant Chartres, ayant prié dans la Crypte, pour se purifier et rendu hommage à Notre Dame, se déchausser ("Otes tes chaussures de tes pieds, car le lieu où tu te trouves est sacré") pour ne pas souiller ce saint lieu avec les poussières du monde profane (de "profanum" qui est devant le temple) et tomber à genoux devant l'entrée du labyrinthe face à l'autel.
Nous pouvons imaginer son lent cheminement et sa progression le long du parcours initiatique, chantant les psaumes de David. Ses multiples allers retours lui font comprendre la nécessité du retour sur soi, mais également à considérer une situation selon divers points de vues. Vieille nécessité de prendre de la distance afin de mieux juger, appréhender un problème.
Le fait de croiser un autre pèlerin sur la voie, rappelle que seule l'expérience personnelle est valable.
Un jour dans un sens, un jour dans l'autre, celui qui cherche trouvera et se sera enrichi au passage de "points de vues" apparemment opposés mais en réalité complémentaires d'une même et unique solution.
Arrivé dans la dernière ligne droite, il se prépare à rencontrer celui qu'il sait être présent, "celui qui est et a toujours été", au centre.
Là, il est obligé de se relever, comme aspiré vers le haut, seule voie de sortie du labyrinthe. En effet, la seule autre alternative, serait la mort.
C'est cela le "Saut de la Joie", car l'allégresse est extraordinaire pour celui qui vit réellement ce cheminement. Les derniers psaumes sont une série d'Alléluia qui aboutissent pour celui qui entend, en un concert unique de musique sacrée. Il est face à Dieu.
" Debout les Hommes". Pas n'importe lesquels, mais ceux qui sont devenus conscients, c'est à dire qui partagent "La Science".
Pourquoi le mot "Saut" ? Existe-t-il de meilleur terme pour faire comprendre le passage soudain d'un état de l'être à un autre ? Celui qui vient d'aboutir dans sa démarche spirituelle a soudainement changé de niveau de compréhension, au sens étymologique du terme, et en un instant, en une illumination, sauté au niveau supérieur.
Mais cette sortie vers le haut, cette rencontre avec le divin, avec la Lumière, avec le Verbe, n'est que temporaire. Il faut redescendre sur Terre afin de propager la "Parole" et montrer le chemin à ceux qui la cherchent.

dimanche 7 février 2010

Labyrinthes

"Ce qu'un homme ne sait pas ou ce dont il n'a aucune idée
se promène dans la nuit à travers le labyrinthe de l'esprit"
Goethe
Labyrinthe Cathédrale de Chartres

Les labyrinthes gravés sur le sol des églises étaient à la fois la signature de confréries initiatiques, de constructeurs et les substituts du pèlerinage en Terre Sainte. C'est pourquoi on trouve parfois au centre, soit l'architecte lui-même, soit le Temple de Jérusalem : l'élu parvenu au Centre du monde, ou symbole de ce Centre. Le croyant qui ne pouvait accomplir le pèlerinage réel parcourait en imagination le labyrinthe jusqu'à ce qu'il arrive au centre, au lieu saint. Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres intrigue les personnes de notre époque qui se demandent ce qu'il peut bien signifier, et à quoi il pouvait servir à nos ancêtres.
Inconsciemment, en se posant cette dernière question, ils commencent à trouver la solution, ils entrent dans la voie voulue par les concepteurs du labyrinthe.
Il est malheureusement connu par le grand public pour les "forces" en son centre, forces telluriques dont l'existence n'ont jamais été prouvées par les appareils de la science actuelle, ce qui ne veut pas dire qu'elles n'existent pas, car certains ressentent quelque chose . Mais la richesse du labyrinthe est de toute autre nature.


Amiens

Le labyrinthe permet l'accès à une finalité grâce à un voyage initiatique, et l'interdit à ceux qui n'en ont pas les "qualités" requises. Le parcours se faisait fréquemment à genoux. Le labyrinthe annonce la présence de quelque chose de précieux ou de sacré. Il peut avoir une fonction militaire, pour la défense, d'un tombeau, d'un trésor. Il n'en permet l'accès qu'à ceux qui connaissent les plans, aux initiés. Le centre que protège le labyrinthe sera réservé à l'initié, à celui qui, à travers les épreuves de l'initiation (les détours du labyrinthe), se sera montré digne d'accéder à la révélation mystérieuse. Une fois parvenu au centre, il est comme consacré; introduit dans les arcanes, il est lié par le secret. Dans la tradition kabbalistique, reprise par les alchimistes, le labyrinthe remplirait une fonction magique, qui serait un des secrets attribués à Salomon. C'est pourquoi le labyrinthe des cathédrales serait appelé labyrinthe de Salomon.


Reims

Aux yeux des alchimistes, il serait une image du travail entier de l'œuvre avec ses difficultés majeures. Celle de la voie qu'il convient de suivre pour atteindre le centre, où se livre le combat des deux natures : celle du chemin que l'artiste doit suivre pour en sortir. Cette interprétation rejoindrait celle d'une certaine doctrine ascético-mystique: se concentrer sur soi-même, à travers les mille chemins des sensations, des émotions et des idées, en supprimant tout obstacle à l'intuition pure, et revenir à la lumière sans se laisser prendre aux détours des chemins. L'aller et le retour dans le labyrinthe seraient le symbole de la mort et de la résurrection spirituelles.L'arrivée au centre du labyrinthe, comme au terme d'une initiation, introduit dans une loge invisible, que les artistes des labyrinthes ont toujours laissée dans le mystère ou, mieux, que chacun pouvait remplir selon sa propre intuition ou ses affinités personnelles....Connais toi, toi même.

Labyrinthe végétal de Beaurains ( ARRAS)


mercredi 18 novembre 2009

Architecture et Nombre d'Or

Le Corbusier : Le Modulor dans l'espace à vivre



Le Corbusier construit et représente sa grille sur la silhouette d'un homme debout, levant un bras. En bâtissant l'échelle humaine, le Corbusier rejoint notamment les architectes de la Grèce antique. Comme ceux ci il aménage l'espace architectural pour que le corps s'y reconnaisse.Sa réflexion sur le comportement de l'homme, sur l'équilibre des volumes, de leurs dimensions et proportions l'amène à établir une grille de mesures s'appuyant sur le "Nombre d'Or". Il construit sa grille par rapport aux différentes parties du corps humain et l'appelle "le Modulor". "La nature est mathématique, les chefs-d'œuvre de l'art sont en consonnance avec la nature. Ils expriment les lois de la nature et ils s'en servent". Voilà bien le credo sur lequel Le Corbusier fonde son action. L'échelle du Modulor suit la progression de Fibonacci, suite qui tend vers le nombre d'or, principe qui va de soi puisque pour Le Corbusier, l'on a démontré et principalement à la Renaissance que le corps humain obéit à la règle d'or". Les premiers chefs d'œuvre de Le Corbusier sont d'un style "cubique", comme la Villa Savoye à Poissy (1929). La conception de cette villa illustre 5 principes constructifs de Le Corbusier, rendus possibles par les nouvelles techniques (béton, acier), et dont l'intérêt est d'élargir le champ de création (volumes, jeux de lumière, ... ) :
- utilisation de pilotis, qui expriment la séparation des fonctions portantes et des cloisons
- le plan libre : ce ne sont plus les murs qui portent, mais les poteaux, ce qui permet une grande liberté dans l'agencement des volumes
- la façade libre : comme elle ne porte plus, elle peut se faire très mince, voire être entièrement en verre
- la fenêtre en longueur : elle laisse entrer la lumière à flots
- le toit terrasse : à la place des combles, on peut aménager des jardins, solariums, piscines.... Vers 1938, Le Corbusier développe le modèle de "l'Unité d'Habitation". Elle est l'organe fondamental de la Cité. Elle est : un complexe de logis de différents types, rassemblés en hauteur de manière à prendre peu de place au sol, et prolongés par des éléments sociaux au sein du bâtiment (magasins, jardin d'enfant, cafétéria) ou à l'extérieur (école, installations sportives). Enfin, une large zone de verdure entoure l'unité d'habitation, pour l'épanouissement de ses habitants. La première unité d'habitation construite est celle de Marseille (inaugurée en 1952). Suivront Nantes-Rezé, Briey en Forêt, Berlin, Firminy. L'unité de Briey peut abriter 2 000 personnes, comporte 339 logements en 11 variantes. Ces logements sont presque tous des duplex et de ce fait les 17 étages sont desservis par 6 "rues intérieures" seulement. L'orientation Est - Ouest permet de profiter du soleil toute la journée. Parmi les travaux théoriques de Le Corbusier, le Modulor occupe une place importante. Il s'agit d'une nouvelle gamme de mesures, harmonique et raccordée à la stature humaine. Ainsi, cette gamme est un outil pour l'architecte ou l'ingénieur, qui doit l'aider à créer des proportions réussies. Le Corbusier l'emploiera largement dans toutes ses oeuvres d'après guerre, dont les Cités Radieuses. En outre, exprimés en "pied-pouce" anglo saxons, ses termes de base sont des nombres entiers et de ce fait, le Modulor avait aussi pour ambition de remplacer à la fois les systèmes métrique et "pied-pouce". Cette gamme se compose de 2 séries, dont les termes successifs sont dans un rapport égal au Nombre d'Or (1,618...), une proportion particulièrement harmonieuse. L'une des séries se base sur la hauteur de "l'homme debout le bras levé" (226 cm = 89 pouces), la mesure d'un homme qui prend possession de l'espace. Par division ou multiplication par le Nombre d'Or, on obtient tous les autres termes de cette série. De plus, c'est un série de Fibonacci : la somme des termes de rang n et n+1 est égale au terme de rang n+2. La deuxième série est égale à la moitié de la première. Elle a donc les mêmes propriétés. Plusieurs éléments de cette gamme correspondent aux mesures du corps humain : hauteur au sommet de la tête (183 cm = 6 pieds), plexus solaire (113 cm), etc... Les ensembles construits reprennent des circulations horizontales (rues) desservant des duplex montant et des duplex descendant; il y a donc une rue tous les 3 niveaux (minimisation des espaces de circulation); ces rues integrent des commerces , crêches, caféterias, locaux sociaux et sont pensées comme des espaces rencontre et convivialité; en proposant un maximum de services de proximité, elles sont censées éviter les déplacements en bus ou en voiture. Ces principes de construction ont été repris par de nombreux architectes jusqu'aux années 1980 notamment à Evry et Villeneuve d'Ascq. Le Corbusier a créé aussi des séries de meubles reprenant le modulor; c'est lui qui a fixé les hauteurs des plans de travail en cuisine, des lavabos, des tables et chaises pour déjeuner , des comptoirs de bistrots....etc .Sa peinture , ses dessins et ses sculptures sont homogènes avec son architecture.

dimanche 15 novembre 2009

L'Homme et l'Univers

Mais que fait donc le grand Horloger ?
À entendre la plupart des scientifiques, il n 'y aurait du Big bang à nos jours - qu'une série de hasards, de processus matériels, de complexifications, etc. Mais il faut quand même expliquer cela ! L'esprit humain capable de penser sa place dans le cosmos est-il simplement le produit d'une série de hasards ? La question théologique fondamentale ne serait-elle pas inscrite - c 'est peut-être une question provocatrice - au coeur même du réel ? N'est-on pas obligé, malgré tout, de se dire qu'il n'y a pas que des processus, de l'immanence, de la complexité, des hasards, des contingences, des chocs, des tourbillons, etc. ? Et s'il y avait un plan préalable finalisé à tout cela? C'est aussi la question du principe anthropique que posent certains physiciens .
Oui, Brandon Carter et quelques autres ont formulé le principe anthropique . Il distingue même le principe anthropique dur et le principe anthropique mou. Ce qui est juste dans le principe anthropique mou, c' est que pour penser le cosmos, l'univers physique, il faut concevoir qu'il y avait dès le début la possibilité, aussi minime soit-elle, de la vie, de l'intelligence et de la conscience humaines. Je crois que c'est indubitable, mais c'est un raisonnement en boucle qui se ferme tout seul. À partir de là, on peut aller plus loin. On sait aujourd'hui que notre univers n'existerait pas si les grandes lois qui le régissent, disons les principes d'interaction - les interactions nucléaires fortes, les interactions nucléaires faibles, les forces électromagnétiques et les forces gravitationnelles -n'étaient pas réglées comme elles le sont. C'est quand même étonnant que tout cela fonctionne ainsi et qu'il y ait finalement un univers cohérent. Il y a évidemment beaucoup de désordre, mais qui contribue autant à l'organisation qu'à la désorganisation de notre univers. A cela on peut répondre -ce que font certains astrophysiciens - oui, mais il y a surtout d'innombrables univers qui n'ont pas pu aboutir, carde ce vide d'où nous sommes issus sortent des bulles qui n'aboutissent pas. Parmi elles cependant il y en a une qui à pu donner notre univers. Il est évident aussi que notre univers a quelque chose d'extraordinaire pour pouvoir présenter cette organisation en particules, noyaux, atomes, molécules, astres, c'est quelque chose de fabuleux.
Autrement dit, ce qui nous semblait normal auparavant - un univers construit par un Dieu-architecte - nous paraît aujourd'hui absolument incroyable Compte tenu de nos connaissances actuelles toutefois, on ne peut réhabiliter l'idée d'un Dieu planificateur. Il y a tout au plus un Dieu, ou un enfant disait Héraclite, qui joue aux dés. Il y a eu beaucoup de bifurcations dans cette histoire d'un Dieu qui joue aux dés. Et comme dans tous les jeux, il y a des règles et des aléas. Peut-être finalement que ce sont deux dieux qui jouent l'un contre l'autre aux échecs. On peut tout supposer. C'est cela à mon avis, le grand mystère de l'univers et de la réalité, qui est inconcevable. Je crois que tout cela démontre les limites extraordinaires de la rationalité humaine pour concevoir un réel qui la dépasse. Seulement cette rationalité humaine a la capacité de savoir que la réalité la dépasse. C'est quand même une vertu de l'esprit humain.

La mystique est peut-être une expérience de cet ordre - là?

La mystique est une expérience à la fois de perte et d'accomplissement de soi. Au fond, il y a deux états mystiques celui qui naît du vide, de la pacification, une sorte de mystique zen où l'on se perd et où l'on oublie son moi dans une sorte de plongée cosmique ; l'autre état mystique est, au contraire, celui de la surexcitation, de l'intensité, de la fusion presque érotique comme chez Thérèse d'Avila. Ces deux états mystiques sont très importants. L'extase par exemple est une chose fondamentale pour l'être humain et on peut y arriver par l'érotisme, la mystique, la transe musicale, etc.
Certains mystiques disent qu'ils éprouvent une sur-vie, une vie supérieure. C'est pour eux un état d'accès à une vie différente, une autre vie.
Oui, on peut penser cela, mais est-ce que le mot vie a alors le même sens ? Je ne sais pas. C'est un état limite de notre être auquel nous aspirons, mais je ne pense pas que, par-là même, cela nous révèle quelque chose.
Dans la première édition de L'Homme et la mort , l'amortalité est envisagée comme quelque chose de possible. Deux biologistes, Frédéric Revah et André Klarsfeld , reprennent aujourd'hui cette question.
Oui, d'ailleurs j'ai rencontré un collègue de Klarsfeld, Amelsen, qui m'a dit qu'effectivement j'avais bien vu à l'époque dans ma première version que j'ai ensuite contestée ...
Comment un esprit fini, limité comme le nôtre, peut-il avoir une conception de l'infini? Question déjà posée par Descartes ou Emmanuel Lévinas. Peut-on dire que c 'est simplement l'angoisse de la mort qui donne l'idée d'une transcendance, d'un au-delà ou d'une survie ? Et si c'était une réminiscence au sens où l'entend Platon ? Peut-on simplement dire, en risquant le réductionnisme psychologique, que l'idée d'une amortalité, d'une immortalité ou d'une survie n 'est qu 'une projection de l'angoisse?
Je crois que cette métaphysique d'une vie au-delà de nos vies ne vient pas seulement de la mort, elle vient aussi du mystère de l'existence. Méditer sur l'existence donne, par opposition à l'idée de finitude, la presque idée de l'infini. Mais nous supportons mal cette idée de finitude. C'est elle pourtant qu'il faudrait finalement supporter.
Entretiens avec
Edgar Morin, Sociologue - Directeur de Recherche au CNRS.

vendredi 13 novembre 2009

Labyrinthe

Chartres

"Vers - 350 av JC, en Grèce, la nouvelle Académie commente et diffuse au pied de l'Acropole l'enseignement de Platon. Le labyrinthe se révèle bientôt le symbole parfait du chemin
vers l'illumination. Aussi le quadrilatère se mue-t-il en cercle sur les plus beaux tétradrachmes. Et ce dualisme philosophique, rond ou carré, lumière contre ténèbres, va traverser les âges pour venir s'inscrire jusque dans les pierres de nos cathédrales. " Paul de Saint Hilaire

jeudi 12 novembre 2009

Les jeux initiatiques

Le Jeu de l'Oie
Une Spirale pour le Paradis: embarquement immédiat!

dimanche 8 novembre 2009

La Divine Proportion

L'Homme de Vitruve
la Nature a distribué les mesures du corps humain comme ceci:
Quatre doigts font une paume, et quatre paumes font un pied, six paumes font une coudée : quatre coudées font la hauteur d’un homme. Et quatre coudées font un double pas, et vingt quatre paumes font un homme .....

Spirale d'Or, spirale logarithmique, spirale équiangulaire?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_d%27or

Platon est le premier grec à oser étudier les propriétés d'un nombre scandaleux car irrationnel, celui maintenant appelé Nombre d'Or
De Thalès de Milet à Euclide d'Alexandrie et qu'ils le veuillent ou non, les penseurs grecs, rivaux de villes et d'écoles, d'économie et de religion, acharnés à se contredire, fils de la terre contre amis des formes ou penseurs du mouvant contre éternitaires, ont, ensemble, construit, de façon foudroyante et inattendue, un Empire invisible et unique dont la grandeur sans décadence perdure jusqu'à nous, un bâtiment sans autre exemple dans l'histoire où ils nous amènent encore, à plus de deux millénaires de distance, à travailler selon les mêmes gestes qu'eux et sans l'abandonner sous le prétexte de la confusion de nos langues et même si nos haines croissent. L'humanité a-t-elle jamais formé un accord équivalent? Cette réussite s'appelle les mathématiques.